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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 17:03

A trois semaines du prochain scrutin européen, que peut espérer le PCF ? Il s'est engagé depuis octobre 2008 dans une démarche novatrice en recherchant l'unité à gauche du parti socialiste. Ce positionnement a donné naissance au front de gauche en alliance avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, des dissidents du NPA regroupés dans la "Gauche Unitaire" et différentes personnalités syndicales et associatives.
Je proposerai une analyse du scrutin européen en trois étapes : d'abord et c'est l'objet de ce billet, un récapitulatif des résultats du PCF aux élections de 2004 et des enseignements que l'on peut en tirer. Ensuite, une analyse du programme, des objectifs et des enjeux que représentent les élections de 2009 pour ce parti. Enfin, je ferai un bilan de ces différents points après les résultats en juin.

Les élections européennes du 13 juin 2004 ont présenté un bilan contrasté pour le PCF. Après les régionales en mars, elles ont constitué un deuxième signe du relèvement électoral du parti après le double échec de 2002. Le PC obtient nationalement 1 009 976 voix soit 5,9 % des suffrages exprimés, et deux élus en métropole (circonscriptions Nord-Est et Ile-de-France). Le pourcentage est en hausse par rapport aux législatives qui avaient eu lieu deux ans plus tôt. Cependant la baisse de la participation (le taux d'abstention est de 56,9 %) fait que le nombre d'électeurs communistes diminue entre ces deux élections.
Si l'on compare les résultats de 2004 avec ceux de 1999, l'impression de baisse est confirmée. A cette date, le PCF avait en effet obtenu 1 192 155 voix (baisse de 190 000 suffrages) et 6,8 % (perte de 0,9 point). Surtout, il décrochait alors six élus à la proportionnelle intégrale (les huit circonscriptions européennes sont créées par Jacques Chirac en 2004).

Une analyse plus détaillée des résultats fait apparaître que le vote communiste est loin d'être réparti de manière homogène sur le territoire. Il varie de 1,03 % dans le Bas-Rhin à 13,01 % dans l'Allier. Au niveau des grandes circonscriptions, les résultats communistes sont les suivants :
Nord-Est : 6,80 % des voix et 1 élu
Sud-Ouest : 6,46 %
Centre : 6,22 %
Ile-de-France : 6,04 % et 1 élu
Sud-Est : 5,06 %
Ouest : 4,10 %
Est : 2,91 %
D'autre part, le candidat du parti communiste réunionais avait obtenu 28,87 % des voix et avait été élu dans la circonscription outre-mer.
Ces résultats confirment plusieurs tendances de fonds de l'évolution du vote communiste depuis les années 1980. D'abord, le déclin se poursuit, les résultats de 2004 étant inférieurs à la précédente élection de même nature en 1999.
Ensuite, le PCF résiste mieux lors de ces élections intermédiaires (municipales, cantonales, régionales, européennes) que lors des élections nationales (présidentielles et législatives). Il y retrouve un niveau supérieur mais en baisse constante. L'érosion n'y est pas massive et brutale en quelques étapes comme lors des présidentielles (1981 : 15 %, 1988 : 6 %, 2002 : 3 %), mais lente et continue (11,20 % en 1984, 7,72 % en 1989, 6,89 % en 1994, 6,78 % en 1999, 5,9 % en 2004).
Sa géographie électorale bouge peu : il conserve ses zones de force mais réduites à la portion congrue tandis que ses zones de faiblesse s'étendent. On assiste donc pas à un déplacement du vote communiste mais à son affaissement général.
Enfin, l'implantation des élus locaux permet de ralentir l'érosion du parti. Ceux-ci jouent un rôle primordial pour le maintien de l'influence du PCF, en particulier les maires. Si l'on prend l'exemple de la boucle de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine, on peut observer que trois communes pourtant voisines offrent des résultats très différents. A Gennevilliers où le maire et les deux conseillers généraux sont communistes, le PCF obtient 25,25 % des voix aux européennes de 2004. Dans la commune voisine de Colombes, perdue en 2001 mais où le parti communiste conserve un poste de conseiller général (sur trois cantons), il réalise 7,63 % des suffrages, au-delà de ses scores nationaux et départementaux mais bien moins que dans ses bastions. Enfin à Asnières, troisième ville de la boucle où le PCF a toujours été minoritaire, il obtenait 3,23 % des voix, moins que dans le reste du département, de la circonscription et qu'au niveau national.

Ainsi les élections européennes de 2004 confirment les enseignements déjà présents lors d'autres élections intermédiaires et nationales antérieures. Elles rappellent en particulier le rôle désormais fondamental de l'influence locale par les élus pour un parti qui risque la marginalisation. La construction du "Front de gauche" en 2009 peut être perçue comme une tentative, par la recherche de l'unité avec les autres composantes de la gauche non socialiste, de palier à ces faiblesses en sortant de l'isolement.

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