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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 16:24

Le Cher est un autre département, avec l'Allier, où le PCF a su conserver une implantation locale forte. Dès les années 1920, le Cher fait partie des territoires où le PCF rencontre le plus de succès. Le parti communiste reprend à son compte une longue tradition de gauche de ce département d'abord républicain puis socialiste. Il s'appuie à la fois sur un vote rural "rouge" et sur un vote ouvrier révolutionnaire concentré dans les grandes villes du département. C'est notamment le cas de la ville de Vierzon conquise par le PC dès sa création par la fusion de quatre communes en 1937.
L'influence communiste s'exerce ici, à la différence de l'Allier, à tous les échelons de la vie politique. Au plan national, le premier député communiste sous la V° République est élu en 1967 dans la circonscription de Saint-Amand-Montron, mais il est battu dès 1968. Jacques Rimbaud, alors maire de Bourges, est par la suite élu en 1981 dans la circonscription de Bourges et réélu à la proportionnelle en 1986. Le redécoupage de 1988 déplace la circonscription du député communiste puisqu'elle n'est plus centrée sur Bourges mais sur Vierzon. Réélu en 1988, il perd son siège lors de la vague bleue de 1993. L'absence de député communiste ne dure cependant pas puisque Jean-Claude Sandrier est élu dès 1997 dans cette même deuxième circonscription autour de Vierzon. Il est réélu en 2002 et en 2007 avec plus de 57 % des voix au deuxième tour. La carte ci-dessous permet de visualiser la circonscription communiste.


Au niveau du département, le PCF dispose d'une densité d'implantation très variable. 7 conseillers généraux sont issus de ses rangs à Bourges 1, Chârost, Graçay, Les Aix-d'Anguillon, Sancergues, Vierzon 1 et 2. Dans quatre de ces cantons il dépasse les 40 % des exprimés au premier tour (à Bourges 1, Graçay, Les Aix-d'Anguillon et Sancergues), ainsi qu'à Bourges 2 bien qu'il ne détienne pas ce canton. Il conserve ainsi une influence forte dans des espaces urbains (Bourges et Vierzon), comme dans des cantons plus ruraux. Il dépasse 30 % des exprimés au premier tour dans trois cantons, et 20 % quatre autres.
Si le PCF dispose de zones de force importantes et vivaces, il est paradoxalement en situation de grande faiblesse dans une grande partie du département. Il ne dépasse pas 5 % des exprimés au premier tour dans onze cantons sur trente-cinq. Il est ainsi quasiment absent de la vallée de la Sauldre dans le nord du département et de la campagne au sud de Saint-Amand-Montron. Au contraire, les cantons de l'Ouest du Cher, entre Bourges et Vierzon, et les contreforts du massif central dans le Sancerrois, constituent le coeur de sa zone de force. Longtemps dominant au conseil général, le PCF a été récemment dépassé par un PS en pleine montée en puissance qui, avec neuf élus, a obtennu la présidence du conseil en 2004 au détriment de l'UMP, toujours première force politique du département avec 10 conseillers.


C'est cependant l'échelon municipal qui a vu la plus forte remontée du PCF. Dominant dans les années 1970, le parti communiste dirigeait alors Vierzon depuis 1959 (la ville avait été perdue en 1947) et Bourges depuis 1977. Il perd cependant ses deux mairies après le départ de leurs maires historiques, Vierzon en 1990 après le départ de Fernand Micouraud et Bourges en 1995 après le décès de Jacques Rimbaut en 1993.
Eliminé de l'échelon municipal pendant plus de dix ans, le PCF effectue un retour en force en 2008. Il gagne en effet Vierzon au premier tour avec plus de 57 % des exprimés. Cette victoire voit l'émergence d'une génération de jeunes élus autour du nouveau maire et conseiller général de 41 ans, Nicolas Sansu. Elle laisse espérer un renouvellement possible du député Jean-Claude Sandrier en 2012, qui sera alors âgé de 67 ans.
Le PCF a en revanche assez nettement décliné à Bourges au profit du PS. Il n'a pas réussi à reprendre la ville en 2001 et a du laisser la tête de liste à son concurrent de gauche en 2008. Celui-ci détient désormais trois des cinq cantons de la ville contre un seul au PC et un à l'UMP. Les effets de la vague rose qui ont bouleversé le paysage municipal au niveau national n'ont cependant pas affecté Bourges où le maire UMP Serge Lepeltier est réélu au premier tour.
Le PCF est enfin à la tête de deux villes de 5000 habitants, Saint-Germain-du-Puy une banlieue de Bourges qu'il détient depuis 1977, et Saint-Florent-sur-Cher, un bourg rural conquis en 2008. Il conserve enfin la gestion d'un certain nombre de villages dans la région de Vierzon, appuyant son implantation locale dans la deuxième circonscription sur un réseau d'élus encore dense. Cette région apparaît même de plus en plus comme le dernier bastion berrichon du parti au niveau communal.

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commentaires

Pascal Djemaa 21/05/2012 12:23

Je n'ai jamais pensé que le PCF était mort... Contrairement à beaucoup de gens mal renseignés. Merci pour ces articles. Pascal.

Camuzat 14/09/2011 09:26


Mairie de St Germain du Puy,pas "début des années 90",mais 1977.Sincèrement,MC.


Alexandre 14/09/2011 18:48



Bonjour,


Merci pour l'information, je corrige.