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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 09:34
A l'approche des élections régionales, il est légitime de tirer un premier bilan de l'action du PCF depuis les élections européennes de l'an dernier. Après des tensions importantes, internes et avec ses partenaires, et des négociations parfois difficiles pour la composition des listes (plus que sur les aspects programmatiques relativement consensuels), le Front de Gauche a finalement été reconduit avec le PG et la GU, mais surtout élargi à de nouveaux mouvements : Alternatifs, Mouvement Politique d'éducation populaire, Fédération et divers groupements locaux.
Le PCF, après une consultation interne de ses adhérents, a finalement choisi de se présenter aux élections avec le Front de Gauche dans 17 régions. Il ne maintient une alliance avec le PS au premier tour que dans cinq régions métropolitaines. Au sein même des régions où la majorité des adhérents a décidé de s'allier avec le PS au premier tour, le désir d'unité est si fort que nombre de militants participent malgré tout à des listes Front de Gauche. C'est notamment le cas en Bretagne et en Lorraine.
Pour bien mesurer le renversement par rapport à 2004 il faut souligner que le PCF faisait alors alliance partout avec le PS, sauf dans huit régions : Alsace, Aquitaine, Auvergne, Franche-Comté, Corse, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Picardie. Marqué par le désastre électoral de la présidentielle de 2002, il avait privilégié l'unité avec les socialistes pour conserver le maximum d'élus.
Contrairement à ce que peuvent dire les médias dès qu'ils parlent du PCF (quand ils parlent de lui !), celui-ci est donc très loin d'être un parti mort ou "supplétif du PS". En effet, les élections régionales étaient les seules dans lesquelles le PCF faisait primer une alliance avec le PS par rapport à son autonomie. Ce n'est désormais plus le cas.

Le PCF a donc confirmé l'union lancée pour les européennes et a démontré que son désir d'unité ne se limitait pas à une simple alliance électorale ponctuelle puisque ce choix pour les régionales va probablement l'amener à perdre des élus. Il dispose en effet de plus de 200 sortants et il est peu probable qu'il puisse obtenir un tel nombre d'élus cette année, d'autant plus qu'il faut partager les éligibles avec les alliés. Selon les estimations, le PCF pourrait perdre la moitié de ses élus régionaux, ce qui démontre la difficulté du choix qu'il a eu à faire en faveur de l'unité. On ne peut pas en dire autant du NPA qui se complait dans le radicalisme et l'isolement, à l'exception notable et salutaire des régions Languedoc-Roussillon, Limousin et Pays-de-la-Loire.

De manière contradictoire, le Front de gauche peut gagner des électeurs par rapport au PCF en 2004  mais risque de perdre des élus. Si l'on regarde les élections de 2004, on peut tirer constater que le PCF s'était présenté en autonome principalement dans ses régions de force (Auvergne, Corse, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Picardie), et ponctuellement dans des régions où un accord satisfaisant avec le PS n'avait pu être trouvé (Alsace, Aquitaine, Franche-Comté). Les résultats du PCF traduisaient cette disparité comme le montre la carte suivante :

Regionales-2004--1-.GIF
Résultats des listes communistes (par département) aux élections régionales de 2004

La carte montre bien que le PCF avait obtenu de bons résultats dans ses zones de force : bassin minier du Nord, Picardie, marge Nord du massif central, Est de la banlieue parisienne. Les résultats par région montrent bien que le redressement après la présidentielle de 2002 était très différencié :
Picardie : 10,86 %
Nord-Pas-de-Calais : 10,68 %
Auvergne : 9,20 %
Ile-de-France : 7,20 %
Corse : 6,62 %
Aquitaine : 4,35 %
Franche-Comté : 4,18 %
L'Alsace est un cas à part puisque le PCF s'y était présenté avec le MRC et le PRG et avait obtenu 3,73 %.

La comparaison avec les élections de 2010 parait donc difficile. Le PCF n'est plus en dynamique de repli après 2002 mais dans une phase de reprise après le succès relatif du Front de Gauche aux européennes de 2009. Il n'est plus majoritairement allié au PS et minoritairement autonome, mais largement partie prenante du Front de Gauche et à la marge allié avec le PS.
Les élections régionales de 2010, sur lesquelles nous reviendront après les résultats, présentent désormais un enjeu majeur pour le PCF. Il s'agit d'abord de confirmer les résultats encourageants de juin 2009 après avoir renouvelé le Front de Gauche. Derrière se jouent des enjeux plus larges. Si l'alliance PCF/PG (pour les principaux partis) confirme et améliore ses résultats, la question de la position du NPA et celle de la présidentielle de 2012 ne manqueront pas de se poser.
Encouragé par de bons résultats, le PCF pourrait souhaiter poursuivre la dynamique unitaire aux présidentielles (il l'a déjà fait en 1965 et 1974 derrière François Mitterrand au premier tour) et soutenir un candidat unique. Un tel succès pourrait également pousser un NPA marginalisé par son isolement à intégrer la dynamique unitaire (même s'il semble peu probable qu'Olivier Besancenot soit prêt à soutenir un autre candidat que lui en 2012).
Ces élections peuvent donc s'avérer déterminantes pour la recomposition à gauche. Le PS semble reprendre son leadership et la dynamique d'Europe Ecologie ne semble pas vraiment devoir se poursuivre aux régionales (le mouvement décline régulièrement dans les sondages). La question posée est donc bien celle de l'émergence à gauche d'un nouveau pôle, dynamique et pourquoi pas majoritaire à terme, qui pourrait contribuer à la recomposition du champ politique et à l'alternative à Nicolas Sarkozy.
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commentaires

Malaberg 13/03/2010 14:47


Ce site est très bien ! Continuez comme ça !


sophie delavelle 22/02/2010 16:43


Bonjour,
le site de la Gauche rassemblée pour la Picardie
c'est www.gewerc-2010.fr