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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 17:11

 

Deux élections municipales partielles doivent se dérouler les 5 et 12 décembre 2010 : à Corbeil-Essonnes (Essonne) et à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Ces deux élections seront un bon test à quelques mois d'élections cantonales importantes pour les communistes, qui comptent encore de nombreux conseillers généraux dans les départements. Ces deux scrutins auront en outre valeur de symbole dans deux villes de banlieue où les communistes sont encore puissants mais ont perdu les commandes respectivement en 1995 (Corbeil) et 2001 (Noisy). Dans les deux cas, ce sont deux conseillers généraux du PCF qui mèneront les listes Front de Gauche : Bruno Piriou, conseiller général de Corbeil-Essonnes-Ouest et Gilles Garnier, conseiller général de Noisy-le-Sec.

Ces deux élections revêtent cependant des traits particuliers.

 

Corbeil-Essonnes

Dans la ville de Serge Dassault, les élections municipales ont été une nouvelle fois annulées par le Conseil d'État (pour la deuxième fois depuis 2008 déjà) en raison d'irrégularités ayant entaché le scrutin (en l'occurrence, achat de voix et mention sur les bulletins de vote de l'UMP du nom de Serge Dassault, alors qu'il était inéligible). Le PCF et l'UMP sont au coude à coude dans cette ville populaire depuis de nombreuses années. La figure de l'avionneur a joué dans son implantation, mais c'est bien un système quasi-mafieux (achat de voix, subventions à des associations communautaires) dénoncé par le Conseil d'État en 2009 qui est en place et auquel se heurtent les élus de gauche.

Pour la première fois depuis la défaite des communistes en 1995, celle-ci partira unie derrière le candidat communiste, sur la base des résultats au premier tour de la dernière élection partielle en 2009. La liste communiste était alors arrivée en tête avec 24,3 % des suffrages devant le PS Carlos Da Silva (19,0 %) et le Vert Jacques Picard (7,8 %). La gauche avait cependant échouée à reprendre la ville au deuxième tour devant l'UMP Jean-Pierre Bechter qui avait obtenu 27 voix de plus que l'union de la gauche (5 190 contre 5 163 voix). L'espoir est désormais que, unifiée dès le premier tour sur le nom du conseiller général communiste Bruno Piriou, qui n'avait pu être candidat en 2009 (inéligible en raison d'erreurs dans ses comptes de campagne), la gauche puisse enfin mettre fin au système Dassault à Corbeil.

L'espoir de reconquête est donc ici important pour les communistes, qui dirigent une liste d'union de la gauche dans la dernière grande ville d'Essonne où ils sont bien implantés (41 000 habitants en 2010, deuxième ville de l'Essonne après la préfecture Évry). Cette ville est aussi un symbole en tant que fief historique du PCF dans le département (elle est conquise dès 1959), où la reconquête est possible.

 

Noisy-le-Sec

Le contexte est ici bien différent puisque l'élection municipale de 2008 n'a pas été entachée d'irrégularités et que le scrutin n'a pas été annulée. La ville a également une tradition communiste importante puisqu'elle est dirigée par le PCF de 1959 à 2001, date à laquelle elle est perdue au profit de l'UDF. Le scrutin a ici été provoqué par les dissensions au sein de la majorité de gauche, qui a repris la ville en 2008, et qui se sont traduites par la démission en bloc des élus communistes et verts. C'est la PS Alda Pereira-Lemaitre qui avait dominé le communiste Gilles Garnier au premier tour en 2008 d'une cinquantaine de voix (27,1 % contre 26,6 %). La gauche ne l'avait emporté que de justesse au second tour face au sortant UDF. Le scrutin est donc ici très ouvert, à gauche entre un PS et un PCF au coude à coude, et une droite encore bien implantée dans la ville.

Les différences avec le scrutin de 2008 sont cependant nombreuses et porteuses d'espoir pour la liste FdG menée par Gilles Garnier. Le PS est en effet divisé sur fonds de guerre interne dans le département entre la députée de la circonscription Élisabeth Guigou et Claude Bartolone, président du conseil général. La première est hostile à la maire sortante, tout comme la section PS de la ville, qui dénoncent la gestion solitaire et inefficace d'Alda Pereira-Lemaitre. Le second a soutenu la maire qui a également reçu l'aval du bureau national du PS. Il n'en reste pas moins que ces divisions peuvent laisser des traces durant la campagne.

Le scrutin est donc très ouvert à priori, au premier tour entre les deux listes de gauche et au second entre la gauche et la droite, si la gauche parvient à faire son unité dans l'intervalle autour du candidat arrivé en tête.

 

Le succès (ou non) des listes menées par les communistes devra être étudié à la loupe, dans un contexte d'affaiblissement de la banlieue rouge depuis plusieurs décennies et plus récemment, avec le départ de nombreux élus du PCF depuis 2009 (Patrick Braouezec, François Assensi et Jacqueline Fraysse, députés de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine, ainsi que les maires de Nanterre, Sevran et Tremblay-en-France).

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