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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 17:42

A l'issue des élections municipales de 2008 le PCF conserve, selon les chiffres de la direction nationale, la direction de 178 villes de plus de 3 500 habitants et d'un peu plus de 730 communes au total. Il subit donc un très léger tassement par rapport à 2001 puisqu'il dirigeait alors 183 villes de plus de 3 500 habitants et environ 780 communes.
Ces résultats, relativement stables, ont été le plus souvent perçus comme inespérés pour le PCF un an après des élections présidentielles calamiteuses (1,93 % des voix). Le PCF a par conséquent su conserver son implantation municipale, dernier rempart contre son érosion. La répartition précise selon l'importance de ces communes est la suivante :
11 villes de plus de 50 000 habitants
18 villes de plus de 30 000 habitants
9 villes de plus de 20 000 habitants

53 villes de plus de 9 000 habitants

60 villes de plus de 5 000 habitants

34 villes de plus de 3 500 habitants
Il est absent depuis 2001 des villes de plus de 100 000 habitants avec la perte de Nîmes et celle de Montreuil, qui venait de franchir ce seuil, en 2008. Le PC compte plus de 10 mairies de plus de 3 500 habitants dans cinq départements : Nord, Pas-de-Calais, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Bouches-du-Rhône. Il en compte plus de cinq dans quatre autres départements : Seine-Maritime, Meurthe-et-Moselle, Isère, Essonne. On retrouve ici la géographie classique de l'implantation du PCF : dans le bassin minier du Nord, dans la banlieue parisienne, dans la vallée du Rhône et sur le pourtour méditeranéen.

Au-delà de ces continuités, le scrutin de mars 2008 a indéniablement vu émerger des tendances nouvelles. Pour la première fois depuis le succès de l'union de la gauche en 1977, le parti communiste a gagné plus de villes de 9000 habitants qu'il n'en a perdue (91 contre 86 en 2001). Cette progression a néanmoins été infirmée par le recul dans la tranche des villes de 3 500 à 9 000 habitants. Ces conquêtes ont parfois été le fait d'anciens maires ou d'édiles locaux reconnus, mais agés. C'était le cas à Saint-Claude (39), Villerupt (54) et Marly (59) (reprises par l'ancien maire après une défaite en 2001), ou encore à Brignoles (83) conquise par l'ancien conseiller général du canton.
La principale nouveauté, la plus porteuse d'avenir pour le PC, a été le succès souvent large de jeunes candidats dans des villes ou l'implantation du parti est ancienne mais avait déclinée. Ces conquêtes semblent indiquer une inversion des dynamiques locales autour de jeunes édiles populaires et amorçant un regain plus général du PC. Les succès aux élections municipales sont en effet doublés d'une progression aux autres élections locales et nationales. La reconquête de Vierzon (18), Dieppe (76), Villepinte (93) ou Villeneuve-Saint-Georges (94) s'inscrit dans ce mouvement.
Enfin, dernier élement du renouveau partiel du PC, celui-ci a connu pour la première fois depuis 1977 des succès dans des villes qu'il n'avait jusqu'alors jamais dirigées. C'était en particulier le cas à Quéven (56), Aubière (63) ou Roissy-en-Brie (77).

Ces élections ont également voire surtout été marquées par des nouveautés inquiétantes pour le PCF. D'abord, l'abstention reste un phénomène de masse touchant particulièrement les catégories populaires concentrées dans les villes dirigées par le PC.
Surtout, les élections de 2008 sont remarquables par le refus, nouveau, d'une partie importante de l'électorat de gauche de voter pour les listes menées par des candidats communistes. Certes la plupart des primaires imposées par le PS au premier tour ont tourné en faveur des candidats communistes, à l'exception notable de Denain (59), Maromme (76) et Pierrefitte-sur-Seine (93), toutes villes de plus de 15 000 habitants.
Cependant, le maintien de ces primaires au second tour a été beaucoup plus difficille pour le PC. Il a d'abord été général, traduisant une volonté non pas nouvelle mais accrue du PS de "sortir" les communistes, au besoin en s'appuyant sur un électorat conservateur. Il a de plus engendré des défaites plus nombreuses et plus symboliques qu'au premier tour, dans des villes plus grandes : à Aubervilliers et à Montreuil (93), villes de 70 000 et 100 000 habitants notamment.
Enfin, force est de constater que même lorsque le candidat communiste l'emporte, les listes socialistes progressent s'appuyant d'une part sur un électorat conservateur souhaitant battre le PC et sur un électorat de gauche refusant désormais de reporter ses suffrages sur des candidats communistes, même lorsque ceux-ci sont arrivés en tête au premier tour. C'était en particulier le cas en Seine-Saint-Denis à Bagnolet, Le Blanc Mesnil, La Courneuve, Saint-Denis mais aussi en province à Gisors dans l'Eure ou encore à Hennebont dans le Morbihan.

Enfin, il faut noter que le PC a échoué à reprendre de nombreuses mairies où la victoire semblait possible. C'était le cas au Havre et à Nîmes, deux villes de plus de 100 000 habitants mais aussi dans plusieurs villes de plus de 30 000 habitants : Sète, Alès, Corbeil-Essonnes, La Ciotat.
Plus grave, il est devancé par le PS dans de nombreuses villes ou il était jusque-là dominant à gauche : à Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis, à Montluçon dans l'Allier, à La Seyne-sur-Mer dans le Var...

Ainsi, si les municipales de 2008 se sont avérées meilleures que prévues pour le PC, permettant de caresser des espoirs de reconquêtes lorsque le parti avait su renouveler ses candidats, elles ont également confirmé voire amplifié les tendances profondes à l'affaiblissement. L'aire géographique de l'influence communiste se réduit toujours plus sous le double mouvement de son incapacité à vaincre les maires de droite sortants et des progrès du PS dans ses terres d'élections traditionelles. La poursuite de son affaiblissement profond et les difficultés à renouveler des édiles vieillissants mais reconnus et populaires interroge par conséquent quand à la capacité du PCF à conserver durablement son périmètre d'implantation municipale en l'absence de dynamique nationale favorable.

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 19:55

Les résultats du PC aux élections législatives de 2007 constituent probablement le meilleur indicateur actuel de l'influence nationale du parti, au-delà de son ancrage local.
Au premier tour, le PC recueille au total 1 115 719 suffrages soit 4,29 % des exprimés (4,82 % en 2002 soit un recul de 0,53 points). Il progresse ainsi de plus de 400 000 voix par rapport à l'élection présidentielle, démontrant le poids de l'implantation de ses élus locaux, même pour une élection à caractère national. Au second tour, il obtient 464 739 voix avec 26 candidats et 15 députés finalement élus.

Une analyse plus détaillée des résultats fait apparaître que le parti communiste obtient moins de 5 % des suffrages dans 420 circonscriptions sur 555 en France métropolitaine (le parti ne présentant plus de candidats dans les circonscriptions d'outre-mer). Il obtient plus de 25 % dans 16 circonscriptions, plus de 20 % dans 9 et plus de 15 % dans 11 autres. Il conserve ainsi un poids électoral lui permettant d'espérer une victoire 36 circonscriptions métropolitaines. Par ailleurs, il obtient de 5 % à 15 % dans 99 circonscriptions, où il conserve par conséquent un poids non négligeable lui permettant de peser pour des accords électoraux.
La géographie de ce vote (cf. carte) montre de plus que le PC, affaibli électoralement, conserve ses zones de force et de faiblesse habituelles, mais avec un poids réduit. Ainsi, le bassin minier, la région parisienne, les marges occidentales et septentrionales du Massif central et le pourtours méditeranéen restent ses zones de force.

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