Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 18:42

Enfin une vraie progression pour le Front de Gauche ! Après la stabilisation opérée aux élections européennes de 2009 (voir l'article) et le semi-succès des régionales de 2010 (voir les articles sur la France, le massif central, l'Ile-de-France et le pourtour méditerranéen), le Front de Gauche s'offre son premier vrai succès électoral.

Avec 7,91 % des suffrages exprimés au premier tour le PCF dépasse seul son résultat de 2004 sans même tenir compte des 1,01 % du PG, ce qui porte le total du Front de Gauche à 8,92 % (le ministère de l'intérieur a comptabilisé les deux résultats à part puisque, à la différence des deux élections précédentes, les cantonales étaient des élections uninominales).

Au deuxième tour, le Front de Gauche a su conserver sa dynamique. A lui seul, le PCF obtient 113 conseillers généraux sur cette série (96 sortants) portant son total à 220, sans même compter la trentaine d'élus du Front de Gauche non communiste (majoritairement PG, secondairement ADS dans la Haute-Vienne). Rappelons pour faire bonne mesure que c'est la première fois qu'il progresse en nombre de conseillers généraux depuis 1976. Le PCF conserve la présidence de ses deux départements, le Val-de-Marne et l'Allier, et augmente sa majorité dans les deux cas. Dans la banlieue de Paris en particulier il a su résister au coup de force mené par EELV qui comptait bien se faire élire avec les voix de la droite et de l'extrême-droite contre les communistes et qui a été sanctionné par les électeurs, puisque battu dans tous ses duels avec le PCF, aussi bien dans le 93 que le 94.

Ainsi et indéniablement, ces élections cantonales ont marqué un vrai succès pour le Front de Gauche, largement porté par le PCF et son implantation locale. Le PCF progresse aussi bien en terme d'élus dans ses départements de très forte implantation (+1 canton dans le Val-de-Marne, +1 dans la Seine-Saint-Denis, +2 dans le Nord, +1 dans le Pas-de-Calais, +1 dans l'Allier, +2 dans le Puy-de-Dôme) qu'en voix dans ses départements de plus grande faiblesse.

 

Immédiatement et pour ne pas sombrer dans l'euphorie, il faut apporter quelques limites à ce constat très positif. D'abord, un certain nombre de sortants ont été battus et le PCF continue son repli dans certaines régions (Dordogne avec encore un canton perdu soit 7 élus de moins depuis 1998, Bretagne avec 2 élus en moins soit 6 de moins qu'en 1998, Var). Surtout, ces résultats ont été obtenus dans un scrutin marqué par une très forte abstention et par la force du vote local. Plus qu'une dynamique nationale, ce succès démontre ainsi la vitalité de la présence communiste en France, incarnée dans ses réseaux d'élus, qui peut servir de support pour la campagne de 2012.

Il apparaît également clairement que le PCF obtient ses meilleurs résultats là où il dispose de maires. L'échelon municipal est, avec le cantonal, celui où le PCF reste le mieux implanté avec près de 700 maires dont 90 dans des villes de plus de 9 000 habitants. De manière symptomatique, on notera que nombre de victoires aux cantonales ont ainsi lieu dans des espaces où les maires communistes sont soit très bien implantés, soit où des maires viennent d'être élus (Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne).

 

Cantonales-2011--2-.GIF

 

La carte ci-dessus présente les résultats du Front de Gauche (et donc pas seulement du PCF) aux élections de mars dans les départements. La progression par rapport aux régionales est nette, mais elle doit être relativisée puisqu'elle repose d'abord sur la très bonne implantation locale des communistes. Un certain nombre de résultats très élevés s'expliquent ainsi par une concentration des voix communistes dans un nombre réduit de cantons sortants. C'est par exemple le cas de la Meurthe-et-Moselle (5 élus sortants réélus), de la Dordogne (4 élus sortants dont 3 réélus) ou encore de la Lozère (1 sortant réélu à 100 % au premier tour, mais qui pèse lourd compte tenu du faible poids démographique du département). La Vienne, le Loiret, l'Aisne, l'Essonne, le Jura se trouvent dans de telles situations. Il convient donc de ne pas sur-interpréter ces résultats.

Pour autant, un certain nombre de dynamiques favorables sont confirmées ou se font jour. On notera d'abord la très bonne tenue du vote communiste en Auvergne et en Limousin dans la lignée des régionales. Le PCF se maintient dans l'Allier (baisse à Montluçon, progression dans le bocage bourbonnais), progresse en voix et en élus dans le Puy-de-Dôme, la Haute-Vienne, la Corrèze, le Cher (même dynamique bien que situé dans la région Centre) et signe un résultat très encourageant dans le Cantal (terre historiquement de droite où l'on dépasse les 8 %).

Inversement, un certain nombre de résultats apparemment défavorables s'expliquent par la stratégie de certaines fédérations communistes de présenter peu de candidats dans les cantons, en raison d'accords avec les socialistes (dans l'Yonne) ou de lacunes dans l'implantation locale (les deux départements corses où le PCF dépassait pourtant les 10 % aux régionales avec une participation sensiblement supérieure). Dans la Somme, le faible résultat s'explique par l'effondrement de la fédération communiste, divisée par « l'affaire Gremetz » et la scission de « Colère et Espoir », son parti. Conséquence, les trois sortants communistes sont battus et Maxime Gremetz échoue à se faire élire à Amiens. On est là dans le cas d'une tendance lourde au repli du PCF du fait de ses divisions départementales.

 

Enfin, il reste à envisager les perspectives laissées par cette élection. Ces bons résultats locaux permettent d'abord de replacer le PCF en position de force pour les élections sénatoriales où nous avons 18 sortants en 2011 et que le PS ne veut pas reconduire au profit d'EELV (pourtant très nettement moins bien implanté en terme d'élus locaux). Sur la base de ses 9 %, le Front de Gauche peut en outre envisager un résultat correct à la présidentielle si les réseaux d'élus désormais confirmés à tous les niveaux (régions, départements, communes) sont mobilisés efficacement au cours de la campagne.

A plus long terme (précisément 2014), ces élections sont porteuses d'espoir de reconquête pour les élections désormais existentielles pour le PCF, les municipales. Les résultats des cantonales ont bien montré, on l'a dit, la force de l'implantation des maires communistes et leur poids pour les résultats du Parti, désormais sensible à tous les scrutins. Or, nos résultats en hausse placent clairement les élus communistes dans une dynamique positive dans plusieurs villes (Calais, Aubervilliers, Montreuil pour les plus grandes mais aussi Tarbes voire Valenciennes et Alès). Le PCF semble également dominant à gauche au Havre et à Nîmes, deux villes où droite et extrême-droite sont toutefois très fortes. Au-delà des grandes villes, il faut insister sur le poids des maires des petites communes qui ont permis nombre de conquêtes (en Indre-et-Loire, dans les Hautes-Pyrénées).

Il semble ainsi que le PCF, s'il veut amplifier sa remontée nationale et le retour dans la société française des idées qu'il porte, doit désormais penser en terme d'élus locaux. C'est par les maires et derrière eux les politiques menées dans les villes et les villages, véritables instruments politiques au service du Parti, que le PCF pourra de nouveau rendre sensible ses idées dans la société française.

Par Alexandre - Publié dans : Elections - Communauté : Parti Communiste Français
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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 18:47

 

J'ai déjà étudié l'histoire de la banlieue rouge jusqu'à la disparition des conditions historiques qui avaient vu son succès (force et concentration dans l'espace de la classe ouvrière, vitalité de la conscience de classe, modèle soviétique qui offre une perspective de changement social dont la gestion municipale n'est qu'un avant-goût). Ces conditions sociales, économiques et politiques disparaissent au tournant des années 1980 après avoir été profondément mises à mal dans les années 1970, sans que les effets ne s'en soient fait ressentir sur l'implantation politique du PCF.

Les grandes usines de production de région parisienne disparaissent en effet massivement dans les années 1980 tandis qu'entre 1989 et 1991 le modèle politique du PCF (dont il ne s'était jamais réellement détaché) disparaît. Autant dire que dès 1989, ces bouleversements mettent fin à ce qui a fait la banlieue rouge. Après cette date, il semble plus juste de parler de communisme municipal, même si le terme est souvent récusé par les élus.

 

Déclin du PCF, déclin de l'électorat

On connait les bases qui ont fait la banlieue rouge jusqu'en 1989. Quelles sont celles du communisme municipal depuis ? Avec la disparition de l'empreinte ouvrière, ce sont aussi les repères traditionnels des élus communistes qui disparaissent. Ceux-ci doivent donc réinventer leur projet politique alors que le contexte politique des années 1990 est défavorable.

Le PCF est d'abord marqué dans les médias et auprès des électeurs par l'échec de l'URSS. Il ne faut cependant pas exagérer l'impact de ce phénomène. Beaucoup plus grave est la disparition de l'assise populaire des élus communistes. La plupart des maires communistes peuvent s'appuyer dans les années 1960 et 1970 sur un socle électoral souvent supérieur à 40 % des électeurs inscrits, sans compter le poids des alliés ni de l'abstention (on parle d'inscrits et non de votants). L'hégémonie du PCF est telle dans ces villes que l'on peut presque parler d'un « parti unique » en milieu démocratique.

Or, cette assise est profondément fragilisée par le double phénomène de la montée de l'abstention et du Front National. On ne tombera pas dans l'analyse caricaturale qui veut que les électeurs communistes soient passés avec armes et bagages dans le camp du FN au cours des années 1980 et 1990. D'abord ce transfert n'a jamais été démontré, ensuite les études locales tendent plutôt à montrer que l'électorat FN des années 1990 vient de tous les partis et des abstentionnistes. La cause de la déperdition d'électeurs communistes est ainsi plutôt à chercher du côté de l'abstention, qui explose depuis 1981.

Le processus a récemment trouvé son aboutissement lors des élections municipales (2008), européennes (2009) et régionales (2010). Dans les quartiers populaires de la banlieue parisienne, il n'est désormais pas rare de voir l'abstention concerner 70 % à 90 % du corps électoral. Les taux d'abstention moyen dans les communes sont souvent supérieurs à 50 %, parfois à 60 %. La conséquence pour le PCF est que la frange traditionnellement la plus compacte et la plus sûre de son électorat, celle composée d'ouvriers et d'employés, ne vote plus. Les raisons de cette abstention sont nombreuses, mais on insistera sur la dépolitisation des milieux populaires porté dans les cités par le sentiment d'abandon.

Le communisme de banlieue parisienne a ainsi connu un cercle vicieux, qui a vu son électorat disparaître et son recrutement militant se tarir car les ressorts classiques de l'adhésion étaient enrayés. Affaiblie, la structure du parti s'est repliée et s'est faite moins présente, contribuant au sentiment d'éloignement des populations, y compris avec le PCF. Seuls les élus assurent le lien durable avec les populations désormais, et ce lien ténu est affaibli par l'abstention.

 

Le communisme municipal depuis 2001, histoire d'une déroute

Privé de son électorat, de ses ressources (la désindustrialisation de la banlieue a privé les communes de l'essentiel de leur taxe professionnelle), de ses militants et de ses réseaux auprès de la population, le communisme de banlieue sort profondément affaibli de la décennie 2000. Les élections municipales de 2001 révèlent au grand jour cet affaiblissement. La défaite du PCF est accrue par l'effet conjoncturel du désaveu de la participation au gouvernement Jospin.

La défaite est d'autant plus lourde et mal vécue qu'elle touche le cœur de ce qui constituait la banlieue rouge, alors que les années 1980 et 1990 n'avaient attaqué pour l'essentiel que les conquêtes récentes (après 1965) et les villes de grande banlieue. En 2001, le PCF perd Drancy et Argenteuil (conquises en 1935), Pantin (1959) et Colombes (1965). La défaite est plus lourde encore dans les villes de province. Désormais, le communisme municipal est relégué aux marges de l'agglomération parisienne. Il ne contrôle plus la moindre ville de plus de 100 000 habitants. La carte suivante résume cette situation.

 

Mairies-2001.gif

 

 

Si le PCF est encore bien implanté en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, cette présence n'est plus que la réminiscence de sa puissance passé. Dans ce contexte, les élections municipales de 2008 suscitent les plus grandes craintes, d'autant que le PS impose de nombreuses primaires au premier tour dans les mairies communistes sortantes, espérant s'y imposer après les calamiteuses élections de 2007.

Un affrontement entre PS et PCF a ainsi lieu au premier tour à Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Pierrefitte et Bagnolet pour l'essentiel. Plus grave encore les listes socialistes, bien que battues dans toutes ces villes (sauf Pierrefitte) se maintiennent au second tour. Profitant des voix de droite, elles l'emportent à Aubervilliers tandis que la verte Dominique Voynet fait de même à Montreuil.

Contrairement à la situation du communisme municipal en province, les élections de 2008 n'ont annoncé aucun signe de redressement du PCF en banlieue parisienne. Celui-ci reste durablement affaibli par l'abstention, qui rend possible le basculement même des villes les plus sûres compte tenu du faible nombre de votants. Dans une telle situation, un petit déplacement de votes peut faire perdre une équipe sortante. C'est notamment ce qui s'est passé à Aubervilliers.

Le PCF l'emporte dans quelques communes (Roissy-en-Brie dans le 77, Villepinte dans le 93, Villeneuve-Saint-Georges dans le 94), mais aucune ne dépasse les 50 000 habitants, alors que deux des trois villes perdues comptaient plus de 80 000 habitants (Aubervilliers et Montreuil). Ainsi, malgré ces conquêtes la taille de la population administrée par le PCF au niveau municipal a été réduite.

 

Surtout, les élections locales de 2008 ont vu disparaître un des éléments clé du système municipal communiste de banlieue, à savoir le conseil général de Seine-Saint-Denis. Celui-ci bascule au profit du PS alors qu'il était dirigé par le PCF depuis sa création en 1968. Par les subventions et la politique sociale qu'il menait, le conseil général était un instrument majeur au main des communistes pour servir les populations et ainsi se faire reconnaître. Cet instrument disparaît dans le 93 et n'est plus aux mains du PCF que dans le Val-de-Marne.

Enfin, le double échec lors des élections partielles de 2010 (à Noisy-le-Sec et Corbeil-Essonnes) est le signe de l'incapacité profonde du PCF à reconquérir le terrain perdu, ou du moins de sa difficulté particulière à le faire.

 

Les mairies communistes se distinguent traditionnellement par leurs politiques sociales généreuses mais aussi par des politiques culturelles et sportives ambitieuses, ainsi que par des politiques de défense des activités économiques dans les territoires. Ce volet doit être maintenu, tout comme les prises de position en faveur du vote des étrangers aux élections locales, qui apporterait probablement un souffle nouveau au PCF. Il faut toutefois y ajouter un devoir pour les élus et les militants de réinvestir dans la durée les territoires de l'abstention, au premier rang desquels se trouvent les cités. Ce n'est que par la présence quotidienne militante, associative, syndicale, que le PCF peut espérer reconquérir le terrain perdu dans les mairies qu'il dirige encore, comme dans les villes qu'il a perdu.

Par Alexandre - Publié dans : Géographie électorale - Communauté : Politique française
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Mercredi 15 décembre 2010 3 15 /12 /Déc /2010 16:32

Terre d'élection par excellence du PCF jusque dans les années 1970, la ceinture rouge de Paris s'est réduite avec le déclin électoral amorcé en 1981 jusqu'à ne plus représenter que l'ombre d'elle-même. Une question légitime peut même se poser : la banlieue rouge existe-t-elle encore en 2010 ?

 

Rappel historique

La notion de « banlieue rouge » émerge en 1924 lorsque Paul Vaillant-Couturier baptise de ce nom dans L'Humanité les mairies communistes de banlieue parisienne prises par le PCF. Il décrit alors une réalité sociale, économique et politique de communes de banlieues très majoritairement composées d'ouvriers, dont l'économie repose sur de grandes usines de production (automobile, métallurgie, aviation, électricité en sont les piliers) et dont la vie politique est dominée par les communistes, ce qui est nouveau pour l'époque.

Je ne reviendrai pas dans le détail sur le processus historique qui a vu la lente maturation de la ceinture rouge de Paris, et j'en rappellerai simplement les grandes étapes. La première intervient avec le Front Populaire. Devant la menace fasciste et suite à l'effondrement du KPD (Parti communiste allemand) en 1933 après la prise de pouvoir par Hitler, les Partis communistes européens changent leur stratégie politique et adoptent la ligne des fronts populaires, à l'initiative de Staline. En France, cette volonté nouvelle d'union avec le reste de la gauche se traduit aux élections municipales de 1935 par une alliance entre PCF, SFIO et Radicaux préfigurant le Front de 1936.

La nouvelle stratégie communiste rencontre alors l'aspiration du prolétariat français à l'unité. Elle se traduit dans les urnes par un succès majeur du PCF qui remporte près de 300 municipalités dont 31 villes de plus de 20 000 habitants. Ce succès repose avant tout sur une extension de la banlieue rouge, qui passe de 9 à 26 mairies communistes dans la Seine et de 6 à 29 en Seine-et-Oise (voir la carte). Ce succès municipal suit ainsi la géographie électorale et de l'implantation militante du PCF. Il offre aux communistes un point d'appui exceptionnel, dont ils sauront se servir au cours de leur histoire et qui leur permet de développer des politiques sociales ambitieuses (vacances pour les jeunes, logement social...), vitrine de leur projet de société.

 

Mairies 1935

 

Le succès de 1935 est renouvelé en 1945-1947. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, le PCF bénéficie d'une image très favorable dans la société française du fait de son implication dans la Résistance et du prestige de l'URSS depuis la victoire de Stalingrad. Il est alors à l'apogée de sa puissance électorale avec 28,6 % des suffrages en juin 1946. Cette assise nouvelle lui permet de conquérir plus de 1 500 mairies lors des élections municipales de 1945. Dans le contexte de guerre froide qui survient dès 1947, il perd cependant rapidement la plupart de ces mairies. Il est en effet isolé et, dépourvu d'alliance, ne conserve que les communes dans lesquelles il obtient seul plus de la moitié des voix.

Cette assise amoindrie ne l'empêche pas de progresser dans la Seine entre 1947 (carte n°2) et 1935.

 

Mairies-1947.gif

 

Un troisième temps dans l'histoire de la ceinture rouge de Paris intervient avec les années 1950 à 1970. Ces décennies sont marquées par l'extension spatiale et numérique de la banlieue parisienne. Elles voient également le PCF progresser sans cesse à chaque élection municipale dans la région parisienne. La naissance de la V° République en 1958 marque en effet une rupture majeure avec le changement du scrutin aux élections législatives, qui passe de la proportionnelle au scrutin majoritaire à deux tours dans des circonscriptions. La conséquence pour le PCF est que, isolé dans le paysage politique, il perd ses députés (de plus de 150 à 10 entre 1956 et 1958).

Il doit donc, pour retrouver sa représentation parlementaire, renforcer son implantation locale dans les circonscriptions et faire des alliances. Cette double nécessité lui ouvre les portes de la gestion municipale dans de nombreuses villes de banlieue parisienne, où il devient majoritaire seul ou avec ses alliés (FGDS de François Mitterand notamment). Son implantation municipale en banlieue bénéficie surtout à partir de 1972 de la signature du Programme commun de gouvernement avec le PS. Cette alliance lui permet de conquérir des villes où il pèse un poids important mais où il n'est pas hégémonique.

La banlieue rouge connait alors son apogée en 1977 lors des élections qui voient le triomphe de l'union de la gauche (carte n°3). La banlieue rouge est alors composée de trois catégories de villes :

- les mairies conquises dans les années 1920, en 1935 et en 1945. Conservées durant les années d'isolement, ce sont celles où le PCF est majoritaire seul. Elles sont très homogènes, formatées par l'empreinte ouvrière et industrielle.

- les mairies conquises en 1959 et 1965. Elles sont plus diversifiées, comprennent les premiers grands ensembles (conquête de Sarcelles en 1959) et des villes de grande banlieue (Sartrouville et Corbeil-Essonnes en 1959) ainsi que des villes à la population moins exclusivement ouvrière (Colombes et Levallois en 1965).

- Les mairies conquises en 1971 et 1977. Ce sont les conquêtes de l'union de la gauche, les plus fragiles pour le PCF qui est ici dépendant de ses alliés. Elles sont aussi les plus nombreuses.

Au terme des élections municipales de 1977, le PCF dirige 72 villes de plus de 30 000 habitants sur 221 (22 de plus qu'en 1971). En région parisienne il conquiert 15 villes de plus de 20 000 habitants et domine la petite couronne, de manière écrasante en Seine-Saint-Denis. Cette victoire est particulièrement importante, la banlieue rouge s'affirmant comme une des grandes réserves de voix du PCF, et la terre d'élection constante de ses cadres depuis les années 1930 (Maurice Thorez, Georges Marchais à Villejuif, Robert Hue à Montigny-les-Cormeilles...)

 

Mairies-1977.gif

 

La quatrième phase dans l'histoire de la banlieue rouge est celle du déclin, depuis 1981. La concurrence du PS, la dégradation de l'image de l'URSS et les prises de position contestées du PCF (soutien à l'invasion de l'Afghanistan en 1979, crise des euromissiles en 1983), puis son association à la gestion gouvernementale après 1981 et à la déception qu'elle fait naitre dans les classes populaires, ruinent le capital électoral des communistes. Ceux-ci subissent un premier revers en 1981 avec 15 % des voix aux présidentielles et aux législatives (contre 20 à 22 % dans les années 1970).

Le déclin national du Parti communiste se traduit à l'échelon municipal. La banlieue rouge, terre d'élection historique du PCF, qui lui a fourni cadres, militants et électeurs durant ses années d'isolement de la guerre froide, n'échappe pas à la tourmente. Les conquêtes les plus récentes sont aussi celles qui sont le plus rapidement perdues, principalement en 1983 et 1989.

Après 1989, la banlieue rouge est pour l'essentiel ramenée à ses bases de départ des années 1950, c'est-à-dire aux fiefs historiques du PCF (carte n°4). Elle est cependant plus que jamais la pierre angulaire d'un communisme municipal affaibli, le PCF ayant en proportion reculé plus rapidement dans les grandes villes de province que dans les banlieues de Paris.

 

Mairies-1989.gif

 

On peut dire que dès 1989, la banlieue rouge a disparu dans sa forme historique. Ce qui fondait sa spécificité dans les périodes antérieures, à savoir l'adossement au modèle soviétique, a disparu. En outre, la gestion municipale des communistes longtemps originale est copiée par les autres partis qui en reprennent les thèmes, les pratiques, les innovations, et finalement la banalise. Elle subsiste cependant dans les faits et le PCF continue de gérer de nombreuses communes de banlieue parisienne.

Dans les années 1990, la banlieue rouge est repliée sur ses fiefs, et fonde son avenir sur le maintien en place d'élus vieillissants mais très populaires dans leurs communes. Dans un contexte d'affaiblissement général du PCF, les maires communistes ne sont en effet souvent réélus que grâce à leur propre notoriété. Cela pousse à les maintenir en place de longues périodes : il est courant sinon systématique dans les années 1990 pour les maires communistes d'avoir été élus dès les années 1970 voire les années 1960. Ce vieillissement des cadres va contraindre le PCF a un renouvellement qui va précipiter les défaites, en particulier en 2001.

J'étudierai plus particulièrement dans un deuxième article la situation actuelle de la banlieue rouge, en fait depuis les élections municipales de 2001 (inclues).

Par Alexandre - Publié dans : Géographie électorale - Communauté : Politique française
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 17:11

 

Deux élections municipales partielles doivent se dérouler les 5 et 12 décembre 2010 : à Corbeil-Essonnes (Essonne) et à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Ces deux élections seront un bon test à quelques mois d'élections cantonales importantes pour les communistes, qui comptent encore de nombreux conseillers généraux dans les départements. Ces deux scrutins auront en outre valeur de symbole dans deux villes de banlieue où les communistes sont encore puissants mais ont perdu les commandes respectivement en 1995 (Corbeil) et 2001 (Noisy). Dans les deux cas, ce sont deux conseillers généraux du PCF qui mèneront les listes Front de Gauche : Bruno Piriou, conseiller général de Corbeil-Essonnes-Ouest et Gilles Garnier, conseiller général de Noisy-le-Sec.

Ces deux élections revêtent cependant des traits particuliers.

 

Corbeil-Essonnes

Dans la ville de Serge Dassault, les élections municipales ont été une nouvelle fois annulées par le Conseil d'État (pour la deuxième fois depuis 2008 déjà) en raison d'irrégularités ayant entaché le scrutin (en l'occurrence, achat de voix et mention sur les bulletins de vote de l'UMP du nom de Serge Dassault, alors qu'il était inéligible). Le PCF et l'UMP sont au coude à coude dans cette ville populaire depuis de nombreuses années. La figure de l'avionneur a joué dans son implantation, mais c'est bien un système quasi-mafieux (achat de voix, subventions à des associations communautaires) dénoncé par le Conseil d'État en 2009 qui est en place et auquel se heurtent les élus de gauche.

Pour la première fois depuis la défaite des communistes en 1995, celle-ci partira unie derrière le candidat communiste, sur la base des résultats au premier tour de la dernière élection partielle en 2009. La liste communiste était alors arrivée en tête avec 24,3 % des suffrages devant le PS Carlos Da Silva (19,0 %) et le Vert Jacques Picard (7,8 %). La gauche avait cependant échouée à reprendre la ville au deuxième tour devant l'UMP Jean-Pierre Bechter qui avait obtenu 27 voix de plus que l'union de la gauche (5 190 contre 5 163 voix). L'espoir est désormais que, unifiée dès le premier tour sur le nom du conseiller général communiste Bruno Piriou, qui n'avait pu être candidat en 2009 (inéligible en raison d'erreurs dans ses comptes de campagne), la gauche puisse enfin mettre fin au système Dassault à Corbeil.

L'espoir de reconquête est donc ici important pour les communistes, qui dirigent une liste d'union de la gauche dans la dernière grande ville d'Essonne où ils sont bien implantés (41 000 habitants en 2010, deuxième ville de l'Essonne après la préfecture Évry). Cette ville est aussi un symbole en tant que fief historique du PCF dans le département (elle est conquise dès 1959), où la reconquête est possible.

 

Noisy-le-Sec

Le contexte est ici bien différent puisque l'élection municipale de 2008 n'a pas été entachée d'irrégularités et que le scrutin n'a pas été annulée. La ville a également une tradition communiste importante puisqu'elle est dirigée par le PCF de 1959 à 2001, date à laquelle elle est perdue au profit de l'UDF. Le scrutin a ici été provoqué par les dissensions au sein de la majorité de gauche, qui a repris la ville en 2008, et qui se sont traduites par la démission en bloc des élus communistes et verts. C'est la PS Alda Pereira-Lemaitre qui avait dominé le communiste Gilles Garnier au premier tour en 2008 d'une cinquantaine de voix (27,1 % contre 26,6 %). La gauche ne l'avait emporté que de justesse au second tour face au sortant UDF. Le scrutin est donc ici très ouvert, à gauche entre un PS et un PCF au coude à coude, et une droite encore bien implantée dans la ville.

Les différences avec le scrutin de 2008 sont cependant nombreuses et porteuses d'espoir pour la liste FdG menée par Gilles Garnier. Le PS est en effet divisé sur fonds de guerre interne dans le département entre la députée de la circonscription Élisabeth Guigou et Claude Bartolone, président du conseil général. La première est hostile à la maire sortante, tout comme la section PS de la ville, qui dénoncent la gestion solitaire et inefficace d'Alda Pereira-Lemaitre. Le second a soutenu la maire qui a également reçu l'aval du bureau national du PS. Il n'en reste pas moins que ces divisions peuvent laisser des traces durant la campagne.

Le scrutin est donc très ouvert à priori, au premier tour entre les deux listes de gauche et au second entre la gauche et la droite, si la gauche parvient à faire son unité dans l'intervalle autour du candidat arrivé en tête.

 

Le succès (ou non) des listes menées par les communistes devra être étudié à la loupe, dans un contexte d'affaiblissement de la banlieue rouge depuis plusieurs décennies et plus récemment, avec le départ de nombreux élus du PCF depuis 2009 (Patrick Braouezec, François Assensi et Jacqueline Fraysse, députés de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine, ainsi que les maires de Nanterre, Sevran et Tremblay-en-France).

Par Alexandre - Publié dans : Elections - Communauté : Politique française
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Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 16:02

 

On se trouve dans ces trois régions dans le cas de fiefs historiques du vote communiste des années 1930 à 1970, qui ont connu une forte montée du vote FN dans les années 1980 et 1990 (à l'exception de la Corse) et un déclin associé du PCF. Le PCF se trouvait à la veille des régionales dans une situation contrastée. Il était dans une dynamique positive en Corse et en Languedoc après les résultats positifs obtenus aux européennes (respectivement 9,47 % et 9,15 % des suffrages exprimés) mais devait faire face à une situation plus moyenne en Provence (6,57 % aux européennes) bien qu'en hausse par rapport à 2004. Les enjeux des régionales étaient donc de confirmer les bons résultats de juin 2009 en vue de fidéliser dans la durée l'électorat et de renouer avec la tradition du vote rouge des régions méditerranéennes, où le PCF conservait quelques beaux restes au niveau local.

Le FdG se présentait aux électeurs seul en Provence et en Corse (où la liste était d'ailleurs à forte dominante communiste) et en alliance avec le NPA dans le Languedoc. Les résultats des élections régionales ont montré des perspectives contrastées pour le FdG, inquiétantes en Provence et dans le Languedoc mais positives en Corse.

 

Corse

La Corse est de loin la région donnant son meilleur résultat au FdG dans l'espace méditerranéen avec 10,02 % des suffrages exprimés, en hausse sur les européennes de juin (9,47 %) et surtout sur les régionales de 2004 (8,30 %). La tête de liste, Dominique Bucchini (PCF) a joué dans la dynamique puisqu'il s'agit d'une figure reconnue dans la région.

Ce résultat positif se répartit harmonieusement dans l'île, même s'ils sont légèrement meilleurs en Corse-du-Sud, département de Dominique Bucchini, (10,96 %) qu'en Haute-Corse (9,26 %). Les résultats ne révèlent pas de percée particulière dans les grandes villes (13,5 % à Bastia, 10,5 % à Ajaccio) si ce n'est à Sartène, ville dont M. Bucchini a été maire jusqu'en 2001 (31,5 %). Au final, le résultat du FdG dans l'île est relativement harmonieux et ne présenterait pas d'ombre s'il n'y avait pas eu de percée spectaculaire du vote nationaliste et autonomiste. Les deux listes autonomistes obtiennent d'ailleurs des résultats particulièrement élevés dans les grandes villes, notamment à Ajaccio où elles ont pu récupérer une partie du vote communiste traditionnel, au détriment donc d'une progression plus forte du FdG.

 

Languedoc-Roussillon

Avec 8,60 % des suffrages exprimés en Languedoc-Roussillon, le FdG allié au NPA a reculé non seulement par rapport à son résultat des européennes de juin 2009 (9,15 %) mais surtout au résultat cumulé du NPA et du FdG (14,93 % pour les deux listes). Plusieurs facteurs expliquent ce résultat décevant. D'abord, la tête de liste René Revol issue du PG ne bénéficiait pas du prestige personnel de Jean-Luc Mélenchon, qui avait animé la campagne des européennes. En outre, le président sortant Georges Frêche, bien qu'exclu du PS, bénéficiait d'une aura personnelle importante qui a pu étouffer la concurrence à gauche.

Cette possibilité semble d'ailleurs se vérifier si l'on observe les résultats des deux autres listes de gauche qui s'étaient opposées à Georges Frêche, Europe-Écologie (9,12 %) et la liste socialiste (7,74 %). Le président sortant obtenait quand à lui 34,28 % au premier tour et écrasait ses concurrents.

Le triple échec de la gauche anti-Frêche a été d'autant plus grave qu'aucune des trois listes n'a franchi la barre des 10 % des suffrages exprimés, empêchant toute fusion au second tour puisque ces listes avaient exclu de se rapprocher de Georges Frêche, dont elles critiquaient les pratiques et les propos (harkis, équipe de France...). La conséquence pour le FdG est que la liste n'a obtenu aucun élu alors que le PCF en comptait neuf après les élections de 2004 lors desquelles il s'était présentait en alliance avec le PS au premier tour.

 

D'autre part, le FdG n'a pas su conserver dans cette région à la tradition de gauche très marquée la part de l'électorat socialiste qu'avait su capter Jean-Luc Mélenchon aux européennes. Le FdG recule ainsi dans tous les départements. Il obtient des résultats compris entre 8,04 % (Aude) et 9,85 % (Gard) sauf en Lozère où il plafonne à 5,41 %. Ces résultats sont donc corrects, au-dessus de la moyenne nationale, mais dans une région où, compte tenu de la forte implantation communiste, le FdG aurait pu espérer dépasser les 10 % des suffrages au premier tour. Le résultat est particulièrement décevant dans le Gard où le FdG dépassait les 10 % aux européennes de 2009 et où le PCF compte encore 8 conseillers généraux, tandis que la FASE (composée de dissidents communistes) en détient 2.

Le contexte a sans aucun doute été un obstacle mais il ne faut pas non plus négliger la question de l'effritement du vote communiste et FdG dans la région, sur le long terme. Le Languedoc n'est en effet pas à l'abri d'une évolution comparable à celle du Var et des Alpes-Maritimes dans les années 1970-1980, avec un effondrement du PCF qui profite à la droite et à l'extrême-droite.

 

Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Avec 6,11 % aux élections régionales, le FdG mené par Jean-Marc Coppola (PCF) obtient un résultat en léger reflux après les 6,57 % des européennes. Ce tassement en pourcentage s'explique par la hausse de la participation, la progression du FdG étant moindre que la hausse de la participation entre les deux élections.

Ce résultat régional cache de très fortes disparités au niveau des départements et plus encore au niveau local. Le FdG est d'abord marginalisé dans deux départements où le PCF a connu un fort déclin tant en terme de voix qu'en terme d'élus. Il s'agit des Alpes-Maritimes où il obtient 4,81 % des suffrages exprimés au premier tour, et du Var (4,49 %). La faiblesse du FdG s'explique par l'absence d'ancrage local communiste, le PCF ne conservant qu'une seule mairie importante dans le Var (Brignoles en fait reprise en 2008 par l'ancien maire) et aucune dans les Alpes-Maritimes. Le FdG connait en fait le sort plus large de toute la gauche dans des départements désormais très portés à droite en raison de la mutation du vote des pieds-noirs (du communisme vers le FN) et de l'arrivée de nouvelles populations plus âgées s'installant pour le climat et déstabilisant les équilibres politiques locaux.

Dans le Vaucluse, le FdG réalise 5,10 % des suffrages, et 5,69 % dans les Hautes-Alpes. La situation de ces départements est proche de celle des deux précédents, avec une faible implantation initiale du PCF qui explique en grande partie les difficultés d'implantation électorale du FdG.

Le cas des deux derniers départements est différent. Les Alpes-de-Haute-Provence offrent un résultat positif avec 7,54 % des suffrages exprimés pour le FdG au premier tour des régionales. C'est d'ailleurs le seul département de la région dans lequel le FdG progresse par rapport aux élections européennes. Ce résultat est obtenu en dépit d'une faible implantation locale du PCF depuis son reflux des années 1980. On peut l'expliquer par la force du vote de mécontentement contre la réduction des services publiques dans les vallées des Alpes provençale, en partie capté par le FdG.

Le résultat du FdG est culmine dans les Bouches-du-Rhône avec 7,97 % des suffrages exprimés. Cela s'explique d'abord par l'importance de l'ancrage local communiste (plusieurs mairies importantes dont Martigues, Aubagne et Arles, villes de plus de 40 000 habitants). De ce point de vue, le résultat du PCF est d'ailleurs relativement décevant, en repli sur les européennes (il obtenait alors 8,72 %). Ces résultats traduisent en fait une évolution différenciée entre Marseille où le PCF est marginalisé de manière croissante depuis la perte de son député et de la mairie du 8° secteur, et le reste du département où il semble se maintenir mais ne progresse pas.

 

Au final, les résultats du FdG dans ces trois régions sont contrastés. Les résultats sont au-dessus de la moyenne nationale en Languedoc et en Corse, mais en-deçà de ce que laissaient espérer les résultats des européennes (Provence et Languedoc). Il semble en fait que le FdG se heurte ici au déclin structurel des matrices traditionnelles du vote communiste (depuis les années 1980 en Provence, plus récemment en Languedoc) et à un certain renouveau de l'extrême-droite (22 % pour Jean-Marie Le Pen en PACA, 19 % pour France Jamet en Languedoc) ou des nationalistes en Corse (deux listes représentant 27 % au premier tour). Il doit donc partir lui-même à la conquête de sa propre assise locale à défaut d'hériter d'une implantation communiste affaiblie. Cet effort d'implantation dans ces régions passera d'abord par les cantonales de 2011, si le FdG souhaite y progresser aux élections nationales de 2012.

Par Alexandre - Publié dans : Elections - Communauté : Politique française
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